Le 7 juin, nous avons fait à une formation dans l’entreprise « Delta Irrigation » à St. Louis. En voici un bref résumé.

Exposé du problème

Aline, membre de l’association Zéro Déchet, venue donner la formation pour l’entreprise Delta Irrigation, a commencé par exposer le problème, à l’échelle mondiale et à l’échelle nationale.

Exposé de la problématique des déchets.

Puis, pour discuter des bonnes ou des « fausses bonnes solutions », un reportage sur les déchets au Sénégal et sur les initiatives entreprises, a été diffusé puis débattu.

L’approche Zéro Déchet consiste avant tout à « refuser », « réduire » et « réutiliser » avant de chercher à « recycler ».

En effet, comme l’a souligné un participant « on recycle et finalement on reproduit la même erreur : on recycle du plastique pour faire du plastique ! » Mais comme c’est le plastique qui pose problème…

Si pour certains participants, « de toute façon il y aura toujours des gens qui achètent », il apparaît évident que les citoyens, les collectivités locales et l’Etat, doivent s’organiser.

Travaux de groupes

Pour poursuivre la formation, les participants ont été invités à se répartir en trois groupes pour réfléchir aux problèmes et solutions à proposer à trois niveaux :

  • Au bureau ;
  • Sur le terrain, car l’entreprise Delta Irrigation qui installe des équipements d’irrigation est amenée à travailler une grosse partie de son temps dans les champs ;
  • A la maison, car il est entendu que le changement doit également passer par de nouvelles pratiques dans le lieu de vie principal des employés.

Il était demandé à chaque groupe de réfléchir d’une part à des solutions individuelles et d’autre part, à des solutions collectives

L’objectif recherché n’était pas de réaliser un travail exhaustif qui risquait de démotiver les participants. Au contraire, c’est une démarche de « petits pas » qui a été adoptée pour amorcer une réflexion et surtout une dynamique Zéro Déchet dans l’entreprise.

Solutions collectivesSolutions individuelles
Au bureauChanger de machine à café (actuellement avec dosettes individuelles) : opter pour une cafetière à filtre ;
Recycler le matériel informatique à Dakar, via l’entreprise SetTIC
Utiliser des gourdes isothermes individuelles
Sur le terrainTrouver voire créer un tank isotherme pouvant contenir de grandes quantités d’eau
Prévenir le client/chef de village du besoin d’accès à un point d’eau potable ;
Concevoir un système de consigne des gourdes isothermes individuelles pour les journaliers ;
Plaidoyer auprès des fournisseurs pour réduire voire supprimer les emballages plastiques du matériel
A la maisonUtiliser des sacs en tissus plutôt que des sacs en plastique à usage unique
Valoriser les restes alimentaires en aliments pour le bétail

Au bureau

Le groupe « au bureau » a diagnostiqué les déchets produits au bureau, notamment en regardant le contenu d’une de leurs poubelles. Il leur est apparu important de réduire la consommation de papier, en privilégiant les supports numériques, sans pour autant qu’il soit possible d’éliminer la production de ces déchets. De manière générale, le groupe recommande de trier autant que possible.

Collectivement, il semble nécessaire et relativement facile de supprimer les déchets liés au café (pour l’instant des dosettes) en passant à une cafetière à filtre. Cet investissement modeste devra néanmoins être accompagné d’un bon usage collectif de la nouvelle cafetière (laver, changer le filtre, etc.) Enfin, si le matériel informatique ancien mais encore fonctionnel est récupéré par des tiers, le matériel impossible à réparer est pour le moment stocké. Aline a donc suggéré de prendre contact avec l’entreprise SetTIC, à Dakar, qui est spécialisée dans la récupération de déchets électroniques

Sur le terrain

Le groupe « sur le terrain » a constaté que le principal problème provenait des sachets d’eau utilisés en grande quantité vu le travail physique requis sur les chantiers et le climat sénégalais. A ce sujet, il faut rappeler pour commencer que l’eau de ces sachets n’est pas contrôlée et peut donc s’avérer douteuse. Les deux principaux enjeux concernant l’approvisionnement en eau sur le terrain sont :

  • D’une part trouver, transporter et stocker de l’eau en grande quantité
  • D’autre part conserver l’eau fraîche tout au long de la journée

Au moment des grosses chaleurs, un chantier peut absorber 10 packs de sachets d’eau. A raison de 50 sachets par packs et de 25 cl par sachet, cela représente 125 l par chantier. Il faut donc trouver un contenant susceptible de contenir une telle quantité d’eau et de la garder fraîche. Il faut également avoir accès à un point d’eau potable pas trop éloigné (il serait absurde d’augmenter la consommation en carburant pour réduire celle en plastique). Cela peut être négocié en amont du chantier avec le client ou avec le chef du village le plus proche. Enfin, un chantier requiert la mobilisation de journaliers qui ont aussi besoin de boire. Un système de consignes de gourdes isothermes pourrait être mis en place pour permettre à tous d’avoir son contenant individuel, au moins le temps du chantier

Notons enfin que les dépenses en eau mensuelles des chantiers représentent approximativement 200 000 CFA/mois. Une solution alternative pourrait permettre, outre la réduction de déchets plastique, de réaliser des économies substantielles

Petit matériel d’irrigation livré dans des emballages plastiques

Le deuxième problème identifié par le groupe concerne les emballages plastiques du matériel livré par les fournisseurs. En effet, afin de bien distinguer les pièces des systèmes d’irrigation, et par souci d’optimisation de place lors du transport du matériel (fabriqué principalement en Europe et Moyen Orient, puis transporté par bateau voire avion), les pièces se trouvent dans des emballages plastiques. Une fois le matériel installé, l’équipe nettoie le chantier en mettant à la poubelle ce plastique, qui est ensuite probablement brûlé .

Faute de solution miracle, Delta Irrigation propose d’interroger les fournisseurs sur la pertinence de ces emballages plastiques et de faire un plaidoyer pour réduire leur usage au strict nécessaire.

A la maison

Le dernier groupe, « à la maison », a listé un grand nombre de déchets ménagers produits. La problématique des sacs plastiques à usage unique semblant être le fléau numéro un, la première proposition, simple mais efficace, consiste à remplacer ces sacs plastiques par des sacs en tissu. Il serait facile pour Delta Irrigation ou même au niveau individuel d’en obtenir. Reste ensuite aux personnes concernées de penser à les utiliser et donc à les emporter au moment de faire des courses.

Les autres déchets les plus importants en masse semblent être les restes alimentaires, les déchets organiques. Beaucoup de personnes possédant des animaux, il paraît pertinent autant que facile de les valoriser en alimentation pour le bétail.

Les propositions de chaque groupe sont retenues et pourront être évaluées, par exemple l’année prochaine, pour suivre l’évolution de leurs mises en œuvre. D’autres propositions pourront également émergées. Delta Irrigation restera en contact avec l’association Zéro Déchet pour les informer et s’informer !

Enfin, quelques remarques intéressantes des participants sur les déchets à Saint Louis :